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“L’europeen”, ah si l’europe roulait comme elle !

Les bureaucrates de la Commission font-ils halte à l’ Européen , immanquable paquebot face à la gare de Lyon ? L’expérience pourrait être profitable à l’avenir du Vieux Continent. Car voilà une affaire lumineuse qui sait intégrer des dizaines de voyageurs déboulant d’un train avec sacs et valises pour être servis et repus de bonnes choses. Certains ont résisté des heures à la tentation des tristes en-cas du TGV…pour atteindre cette table européenne avec le soulagement d’immigrés parvenus à Ellis Island.

L’Européen est une affaire qui roule. Comme l’Andouillette de Troyes 5A (18€) calibrée pour Gargantua au rapport qualité-prix difficile à dénicher ailleurs à Paris. Roulée aussi, la choucroute de la mer dont l’idée a été susurrée dit-on par un grand chef alsacien. Le chou est cuit lentement à l’étouffé enroulé autour d’une tranche de rascasse, d’une de haddock et d’une de saumon. En goût, l’osmose de la mer et de la terre, grâce au chou, légume continental par excellence, est bluffante.

Le groupe Joulie maîtrise les codes de la brasserie qui doit toujours rester un spectacle vivant alliant autant le décor que l’humain. Pas question de mégoter quand il faut faire des travaux qui vous redonnent une nouvelle jeunesse pour 20 ans. Les Joulie ne sont pas le genre à laisser des banquettes flapies et des fauteuils rapiécés. En 2013, pendant des mois, ils ont fait appel au décorateur Pierre Canot qui a retravaillé complètement la terrasse et la cuisine. Il a respecté l’ambiance Art Nouveau de Slavik, grand décorateur des années 70 avec ses lampadaires tulipes et ses hublots de cuivre. Bien vu la lumière qui inonde les salles ou le banc de fruits de mer intégré sous un kiosque de verre devenu un pivot du dispositif. Tant il est vrai que la Mer et ses produits ont rendez-vous à “l’Européen”.

Il y a les banquettes, il y aussi le long comptoir qui accueille les habitués venus à la new-yorkaise expédier un déjeuner mais sans perdre le contact humain avec le spectacle derrière le bar. Certains s’envoient un « Plateau de l’Océan » les yeux rivés sur la pendule à l’envers qui renvoie la bonne heure en se reflétant sur le cuivre du comptoir.

A côté des choucroutes à partir de 16,5€, on peut préférer un lamb-chop d’agneau de l’Aveyron (ci-dessous) d’une tendreté confondante. Ici, même le “croque” est un joli monument européen qui pourrait presque devenir un beau symbole face au burger américain qui semble faire succomber bien des bistrots.

Paris-Bistro.com

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Ouvert tous les jours
de 8h à minuit
01 43 43 99 70
restaurant@l-europeen.com