01 43 43 99 70Contact7/7j / 7h30-1h

Bonne table ou… évi-table ?

C'est une adresse évidemment très pratique puisque située juste en face de la gare de Lyon. C'est assez dire si elle « brasse » — j’emploie le mot à bon escient — son lot de voyageurs quotidien. Et justement, nous avons souhaité la tester au retour d'un voyage. En vérité nous étions attendus mais la jeune femme de l'accueil n'a pas été attentive à notre requête et, malgré notre insistance, elle a acquiescé mais nous a placés d'autorité dans un coin de la grande salle, pensant sans doute que nous étions un peu farfelus. Après tout, c'était rigolo comme ça.

Avant de nous décider pour un vin d'apéritif, nous parcourons la carte, assez typique des brasseries classiques : fruits de mer, coquillages et crustacés, foie gras, escargots, saumon, saucisson pistaché, demihomard mayonnaise, sole meunière, andouillette, rognons, entrecôte ou filet de boeuf béarnaise, foie de veau, tartare, demi-poulet… et bien sûr, déclinaison de choucroutes. Et nous optons précisément pour deux de ces dernières, à savoir l'une tradi « classique choucroute de Saverne » (19,50 €) et l'autre « de la mer » (24 €), précédées d'une assiette d'huîtres Gillardeau n° 2 (29,70 € les 6) pour Patrick et par une friture d'encornets sauce tartare (11 €) pour moi.

Petite bizarrerie : il n'y a pas de vin blanc d'Alsace proposé au verre ! Dommage pour qui a envie de s'offrir une choucroute en solitaire. Nous choisissons donc dès l'apéro un riesling cuvée Louis Klipfel 2015 à 25 € qui nous a été servi à bonne température avec des olives.

Rien à dire quant aux huîtres même si leur prix parisien donnerait envie d'aller les déguster sur place en bord de mer. Et avant que certains puristes ne se récrient pour me dire que les encornets sont toujours surgelés en restauration — nous en avons même quelquefois fait l'expérience au Pays basque, ce qui est tout de même un comble ! — je tiens à les rassurer : cette petite friture dans son cornet était tout à fait plaisante avec son petit air de vacances.

Mais place aux choucroutes !
Notre serveuse est dynamique et avant même que ne me soit apportée ma choucroute de poissons, elle dresse un premier service des viandes sur l'assiette de Patrick sans que nous ayons eu le temps de faire la moindre photo. Tant pis ! Le riesling qui l'accompagne n'est pas très typé malgré une attaque vive mais la bouche est très arrondie par ce qui ressemble à des sucres résiduels un peu trop présents. Mais il en faudrait plus pour gâcher le plaisir de Patrick de mordre dans cette jolie charcuterie et un chou juste acide et aigre comme il faut, ni trop frais, ni trop cuit.

Ma choucroute de la mer est intéressante. Elle est servie à l'assiette. Disposés sur un lit de chou que j'aurais aimé un peu plus épais, les trois poissons qui la composent (rascasse, saumon, haddock) ont été roulés et pochés en forme de boudin. Réminiscence de Baumann ? Quelques moules d'Espagne l'agrémentent et elle est nappée de beurre blanc. C'est original et bon mais manque un tout petit peu de vigueur à mon goût. Mais ne chipotons pas.

Au dessert, Patrick choisit de rafraîchir son palais avec un trio de boules de glace de fabrication artisanale (8 €) et quant à moi, c'est presque sans regarder la carte que je choisis « le baba gourmand arrosé de rhum ambré Saint-Lames » (10 €), un dessert qui m'aimante toujours et dont je ne me lasse pas.

Cette brasserie auquel un cadre lumineux sert d'écrin donne une image de la France conventionnelle qui plaît beaucoup aux hommes d'affaires en déplacement à Paris et logés dans les hôtels voisins, ainsi qu'aux étrangers, Japonais en majorité, comme en ont témoigné les tables qui nous entouraient. Tous paraissaient enchantés, preuve que l'Européen connaît le coeur de cible de sa clientèle.

Blandine & Patrick
L'Européen
21 bis boulevard Diderot
75012 Paris
réservation : 01 43 43 99 70

 

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